Jusqu’à 8000 euros d’aide à la mise en place du contrat de génération dans les entreprises

En doublant par décret l’aide allouée au contrat de génération, l’Etat donne un signe fort en faveur de ce dispositif encore peu exploité, qui vise notamment à garantir le transfert de compétences entre les salariés les plus jeunes et les plus expérimentés. Retour sur les bénéfices de ce ressort essentiel de la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences dans les entreprises.

Un contrat de génération encore peu utilisé

Le 12 septembre dernier, le gouvernement a confirmé par décret le doublement de l’aide financière accordée aux entreprises de moins de 300 salariés qui, ayant conclu un contrat de génération, se sont engagés dans une démarche de tutorat des salariés les plus jeunes par les seniors de l’entreprise. Une mesure financière incitative qui traduit toute sa confiance dans ce dispositif visant non seulement à garantir l’accès ou le maintien, à l’emploi des salariés de mois de ou de plus de 55 ans, mais encore à réunir les conditions d’une meilleure intégration des nouvelles recrues au sein de l’entreprise. Alors même que seuls 20000 dossiers de demande d’aide ont été déposés depuis sa création (contre 75000 attendus par le gouvernement), l’Etat entend réaffirmer sa décision d’aider les entreprises les plus fragiles à engager sereinement leur démarche de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Parallèlement, l’obligation pour les entreprises de plus de 300 salariés de négocier et conclure un accord ou, à défaut, d’établir un plan d’action sur le contrat de génération est maintenue.

Une gestion proactive des emplois et des compétences

De fait, conclure un contrat de génération, c’est d’abord s’assurer que les compétences des salariés plus expérimentés ne seront pas perdues à leur départ de l’entreprise, et faire en sorte, via un tutorat bien pensé, que les plus jeunes puissent bénéficier au mieux de tous les savoir-faire professionnels acquis au fil des ans par leurs aînés. Un enjeu crucial dans un pays où 600 000 départs en retraite par an sont attendus moyenne d’ici 2020. Une question de survie de l’entreprise même, parfois, lorsque le départ en retraite concerne un chef d’entreprise de plus de 57 ans qui, faute de temps, n’a pas pu anticiper sa cessation d’activité en accompagnant un repreneur potentiel.

Quelles conditions pour bénéficier l’aide de l’Etat

Pour bénéficier de la subvention annuelle de 8000 euros et de l’accompagnement gratuit impliqués par la signature d’un contrat de génération, une entreprise de moins de 300 salariés doit donc naturellement s’engager dans une démarche d’accompagnement intergénérationnel pérenne, sans laquelle aucune gestion proactive n’est possible : il s’agira d’abord d’embaucher un salarié de moins de 26 ans en contrat à durée indéterminée, ou de moins de 30 ans pour les travailleurs en situation de handicap, tout en maintenant dans l’emploi un salarié de plus de 57 ans qui deviendra son tuteur, voire en embauchant simultanément un senior de plus de 55 ans. Autant d’obligations dont on espère qu’elles ne signeront pas la fin prématurée d’une nouvelle ère de partage intergénérationnel.

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