Pour mieux vivre ici, une sensibilisation à la Guyane d’hier et d’aujourd’hui

« S’il est vrai que l’intolérance naît de l’ignorance, je pense qu’apprendre aux gens à mieux connaître la Guyane les aidera à mieux vivre ensemble » Partant de ce postulat, Yann Pennec, heureux retraité du service Gestion-Patrimoine du CNES et contributeur de la nouvelle édition de l’Atlas sur la Guyane a décidé d’emprunter un instant l’habit de consultant pour animer des sessions de sensibilisation sur l’histoire de la Guyane. Au programme : mettre en lumière le passé pour éclairer l’avenir.

Vous avez accepté d’intervenir à LV Consultants pour des formations ponctuelles, notamment sur la culture à travers le prisme guyanais. Pourquoi avoir choisi de vous exprimer sur ce thème ?

Il ne s’agit pas à proprement parler de formation mais plutôt de sensibilisation. Je veux que les nouveaux venus en Guyane apprennent à mieux connaître cette terre et ses hommes pour mieux s’y intégrer. Vous savez, l’histoire de la Guyane est troublée, mouvementée. Qui plus est, aujourd’hui, la société guyanaise est confrontée à de très graves difficultés socio-économiques, avec pour corollaire une montée de la violence, de l’insécurité et des tentations communautaristes. Je pense que si rien n’est fait, ces tendances délétères vont s’amplifier. Or, je suis convaincu qu’il y a quelque chose à faire : si l’intolérance naît de l’ignorance, je pense que d’une meilleure connaissance des conditions des conditions de vie peut naître une nouvelle envie de vivre ensemble. J’espère qu’en apprenant à mieux connaître les Guyanais, à quelle époque et dans quelles conditions ils sont arrivés, les nouveaux arrivants fassent preuve de plus de tolérance, de compréhension et contribuent à réduire les tensions qui malheureusement sont en train de réapparaître. Cette formation sur la culture générale à travers le prisme guyanais, c’est donc un peu ma façon d’apporter ma pierre à l’édifice, de contribuer à désamorcer certaines des tendances délétères dont souffre la Guyane d’aujourd’hui.

A qui s’adresse cette formation ?

Nous souhaitons d’abord qu’elle touche les personnels nouvellement intégrés au sein de la base spatiale, qui arrivent parfois de métropole sans grande connaissance de la terre où ils mettent les pieds. En fait, cette sensibilisation pourrait s’intégrer à une action plus large menée par l’Union des Employeurs de la Base Spatiale au profit des agents nouvellement accueillis en Guyane. A la journée d’accueil déjà proposée à ces personnels, j’ai en effet proposé d’adjoindre un séminaire sur ‘’Guyane et peuplement’’. Nous sommes pour l’instant en pourparler sur ce point avec l’Union des Employeurs de la Base Spatiale qui, tout en ayant donné son accord de principe, souhaite échanger avec nous sur les contenus de la formation. En ce qui me concerne, j’espère qu’au-delà de ce public, mon séminaire sera suivi par le plus grand nombre, par les familles des salariés bien sûr, mais aussi, pourquoi pas, par les lycéens. Eux aussi gagneraient à mieux connaître l’environnement dans lequel ils évoluent pour tisser des relations harmonieuses avec leurs camarades de Guyane.

Vous allez d’ailleurs prochainement faire profiter de votre séminaire les formateurs de LV Consultants eux-mêmes ?

Oui, vendredi, au centre amérindien Kalawachi… Ce sera pour ainsi dire un galop d’essai. Je profiterai de leur regard de formateurs aguerris pour voir comment présenter les choses de la manière la plus parlante qui soit.

On sent chez vous l’envie de transmettre vos connaissances sur la Guyane… est-ce cela qui vous a donné envie de donner des formations alors même que vous venez de prendre une retraite bien méritée ?

D’une certaine manière, oui. Vous savez, je ne suis pas un très grand pédagogue, je n’ai jamais fait de formation jusqu’ici et si j’ai accepté d’intervenir ponctuellement pour LV Consultants, c’est avant tout pour aider Laurence Vérisson à mener une action de formation qui me semble éminemment importante, surtout dans le contexte actuel. Evidemment, je tiens aussi à apporter mon support à ceux qui s’engagent dans cette démarche exigeante et méritoire qu’est la formation continue. Si je propose d’intervenir en tant que consultant, c’est bien avant tout parce que je veux partager l’intérêt que m’inspire l’histoire de la Guyane. Longtemps impliqué à titre professionnel dans des associations comme AGAMIS, l’association de protection du patrimoine architectural et naturel des îles du salut, j’ai commencé à m’intéresser par ce biais à l’histoire de cette terre. Et le plaisir que j’y ai pris m’a poussé à poursuivre mes investigations. A mon tour, j’ai envie de susciter la curiosité des gens, de montrer à ceux qui veulent l’effort de connaître ce pays qui on peut y rencontrer, ce qu’on peut y voir, y vivre.

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